Mercredi 11 novembre 2009
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En France, le livre est un des rares produits où le prix est directement apposé sur l'article, soit en tous chiffres soit avec un code alphabétique, prix que doivent respecter les vendeurs.
Avant 1979, les prix étaient notés sur les ouvrages comme références, un "prix conseillé", mais l'éditeur pouvait fixer tout de même son prix. Cela permettait par exemple à la FNAC, à sa création
en 1973, de vendre les livres 20% moins cher. Puis vint l'arrêté Monory, qui instaura le "prix net" : le vendeur était totalement libre de fixer son prix, sans aucune référence, jusqu'en 1981.
Si ce prix libre pouvait bénéficier aux gros vendeurs, il ne profitait pas à tout le monde, en particulier aux éditeurs. Si la situation était restée ainsi, cela aurait pu entraîner un gros
scénario catastrophe : une surenchère à coup de diminution de prix et de remises sur les plus gros succès, alors que ceux à petit succès seraient restés plus chers. Tous les libraires ne pouvant
suivre cette tendance face aux grosses chaînes (et dans ce domaine on ne peut chercher une meilleure qualité du produit comme pour l'alimentaire), les plus petits auraient progressivement disparu.
De même pour les éditeurs, qui auraient dù se soumettre aux vendeurs en étant obligés d'accepter des remises. Là aussi, les plus fragiles n'auraient pu tenir. Et enfin, en début de chaîne, seuls
les ouvrages ayant le plus de chances d'être best-sellers seraient édités, pour faire le profit maximal : donc, appauvrissement de l'offre éditoriale, les premiers à en souffrir étant les livres de
sciences humaines, les petits tirages, et les premiers romans. Donc, au final, un appauvrissement de la culture. Et dans tout cela, le consommateur serait perdu dans ce manque de transparence sur
les prix (Mais cela est à vrai dire assez habituel dans notre société)... (voir François ROUET,
Le livre, mutations d’une industrie culturelle, La Documentation
Française, Paris, 2000)
En 1981 donc, le syndicat national de l'édition réussit à demander une loi, portée par le ministre de la culture de l'époque, Jack Lang. La loi impose donc aux distributeurs de respecter le prix
indiqué sur le livre, fixé par l'éditeur ou l'importateur, avec une possibilité de remise maximum de 5% tout de même (notamment pour les enseignants). Des remises peuvent éventuellement être
accordées au libraire, de 25 à 40%, mais pas au client. Les livres soldés, ou une baisse de prix plus grande peut être faite à la vente, sont aussi clairement définis : Si le livre que vous
cherchez a plus de deux ans et qu'il n'a pas été réimprimé depuis plus de six mois, vous pouvez envisager de faire des économies.
Pour les collectivités (comme les bibliothèques), c'était un peu différent : une remise supérieure à 5% leur était accordée (cela se faisait aux alentours de 15% en général). Et encore, seulement
selon les "besoins de fonctionnement propres" : si par exemple une bibliothèque était spécialisée sur un domaine particulier, comme les BU en droit par exemple, seuls les ouvrages de droit sont
concernés, les autres ne peuvent être vendus en-dessous de 5% de remise. Jusqu'en 2003, avec l'arrivée de la loi sur le droit de prêt (qui sera l'objet d'un autre article).
Il faut savoir au final que le prix unique a subi de nombreuses attaques, car évidemment cela ne plaît pas à tout le monde... Dès le début, des grandes surfaces ont refusé de l'appliquer, et devant
l'inefficacité des sanctions civiles, des sanctions pénales furent mises en place par décret, qui a fait l'objet d'un recours au conseil d'Etat. La dernière attaque a eu lieu en 2008, où la
légitimité de la loi Lang a failli revenir en débat.
Pour terminer de parler d'argent, je vais juste préciser que la TVA sur un livre est de 5,5%, et de 2,1% sur un journal. Les disques et DVD sont, eux, à 19,6%. Avec toutes ces infos, vous pourrez
maintenant mieux vous en sortir dans la jungle des parutions...
Pour bien plus de détails, vous pouvez vous reporter sur ce document élaboré par la DLL, en 1995 :
http://www.culture.gouv.fr/culture/dll/prix-livre/intro.htm
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