Jeudi 22 octobre 2009
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Présentée notamment dans le quotidien 20minutes, l'étude "EbookZ ?" du MOTif (l'observatoire du livre et de l'écrit du
conseil régional d'Ile-de-France) nous révèle enfin de vrais chiffres sur l'offre illégale de livres numérisés sur la Toile en France.
Elle montre que ce qui est disponible sur la toile est encore mineur : moins de 1% de l'offre des éditeurs français, ce qui représente environ
5 000 à 6 000 titres, dont 3 500 à 4 000 bandes dessinées (franco-belge, comics et manga mélangés, je suppose). Si la BD est la plus touchée, toutes les catégories sont par ailleurs représentées :
essais, documentaires, livres numériques (qui ne sont pas majoritaires), ouvrages scolaires, livres audio (dont au moins la moitié sur des textes du domaine public, précise l'étude)... La faiblesse
du pourcentage doit s'expliquer par le temps que cela prend de scanner toutes les pages d'un ouvrage (méthode essentiellement employée), assez contraignant. Mais selon Vincent Monadé, directeur du
MOTif, ce phénomène suivra l'évolution du livre numérique (ce qui facilitera le piratage), qui finira selon lui par supplanter le format papier dans le futur (et je suis assez d'accord avec lui,
malgré les inconvénients : notre société va de plus en plus vers le tout numérique. Je ne sais pas par contre combien de temps cela prendra, une ou deux générations peut-être, ni si le papier sera
complètement anéanti...), une évolution que les éditeurs devraient anticiper.
L'article de
20minutes est intéressant, car il donne la parole sur quelques lignes à un de ces pirates bibliophages. Il nous présente
ainsi les motivations du piratage : le côté pratique (pouvoir obtenir une oeuvre sans se déplacer) et le prix (sa consommation dépasse largement le budget qu'il pourrait se permettre). Pour autant,
il ne souhaite pas mettre à mal l'industrie du livre, en gardant des achats réguliers. Pour lui, le papier reste plus agréable que l'écran, mais il croit en de nouveaux formats numériques qui
l'emporteront ; Je peux citer par exemple l'encre numérique, où en gros un champ magnétique permettra de composer les lettres d'un texte sur une feuille de plastique, tandis qu'il parle de bandes
dessinées numériques présentées de façon à garder le fonctionnement visuel d'un ouvrage papier, en simulant une bande dessinée (mais pas toujours avec succès : l'éditeur en ligne Foolstrip a
abandonné cette interface il y a quelques mois, elle était réellement très contraignante... D'un autre côté, je peux citer le logiciel
Didapages de l'association Fruits du Savoir. Entièrement réalisé par une seule personne, il permet de créer très simplement des
livres numériques, interactifs et multimédia).
Pour terminer, un petit palmarès du piratage des livres : la coupe revient aux auteurs les plus tirés avec la moitié de ces oeuvres (pourtant,
moins de 10% du Top 50 des ventes en librairie sont disponibles) : Werber, Nothomb, Beigbeder.. et le quart est pris par les philosophes, enfin viennent les auteurs de fantastique et de
science-fiction. Les trois titres les plus piratés sont
Le Sexe pour les nuls,
Harry Potter, et
Le Grand Livre de la cuisine d'Alain Ducasse (à noter que plusieurs autres
livres de cuisine sont présents dans le top 10). Je pense que la bande dessinée ne fait pas partie de ces chiffres. Le public semble tout de même avoir des goûts hétéroclites...
Article sur le site du MOTif regroupant des liens vers l'étude et une synthèse :
http://www.lemotif.fr/fr/actualites/bdd/article/664
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