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Samedi 28 juillet 2007
Ben ouais, je sais, mais maintenant que je suis motivé à en mettre, je n'arrive pas à faire ce que je veux. Elles arriveront peut-être un jour... En attendant, lisez, c'est toujours ça de pris.

EDIT : Bon, j'ai essayé : j'ai pu mettre des images correctes, maintenant faut qu'elles s'intègrent au texte, et que je puisse y mettre des légendes. Je trouverai bien... Ou pas.
Par Tryskel - Publié dans : Général
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Samedi 28 juillet 2007
Bienvenue dans la colonie de vacances du Roc qui murmure, réservée aux psychiques, afin de leur apprendre à se servir de leurs pouvoirs. Un enfant qui n'était pas inscrit, Razpoutine, s'invite à la fête de bienvenue, et arrive à convaincre les moniteurs de rester jusqu'à ce que ses parents (qui n'acceptent pas son don) viennent le chercher. Il parvient même à participer à quelques formations... Les évènements vont se précipiter, et il se pourrait bien qu'il réalise son rêve, devenir Psychonaute, plus vite que prévu...

    Une petite présentation de l'univers du jeu s'impose. Le Roc qui murmure est donc une colonie de vacances à l'américaine typique : perdue dans les bois près d'un lac, avec plusieurs activités, des dortoirs, des toilettes rudimentaires, des écureuils, des ours, des couguars, des moniteurs et du personnel d'entretien : la totale, quoi. Au niveau des enfants, c'est pareil : on a entre autres les deux pestes, les surexcités, le timoré, le souffre-douleur, le gros dur et son lieutenant, la jolie fille, et le Nouveau. Le Nouveau, c'est Raz, que vous contrôlez. On est en plein dans le cliché, mais un cliché drôle, voire caricatural, dans lequel on se complaît. Mais il y a quand même de grandes différences : les ours et les couguars ont des capacités psychiques, un des enfants se rend constamment invisible, une autre est pyrokinésiste involontaire, l'un parle aux poissons, l'une aux extraterrestres, et il y en a même un qui a fait exploser plusieurs personnes par le passé... Loin d'être des bizarreries, ces capacités sont parfaitement reconnues, et celles de Raz sont exceptionnelles. Ce camp permet officiellement aux enfants de les maîtriser, et plus tard, peut-être, de les faire devenir des Psychonautes, agents gouvernementaux spécialisés dans les pouvoirs psy. L'un des dons de ces psychiques est de pouvoir entrer dans le monde mental, représentation matérielle des souvenirs, peurs, joies et problèmes mentaux d'une personne. Et c'est cet aspect qui va être grandement exploité dans ce jeu, car il faudra entrer dans les mondes mentaux des gens rencontrés dans le monde réel et résoudre leurs problèmes pour pouvoir avancer dans l'enquête...

    Parlons un peu du système de jeu. Il s'agit d'un jeu de plates-formes assez classique dans la forme, où on saute avec la croix, on attaque avec le Carré, et on interfère avec l'environnement (comme parler aux gens) avec le Triangle : Ce ne sont pas les boutons qu'on rencontre habituellement, il faut donc un léger temps d'adaptation...
    Les pouvoirs psychiques évitent la monotonie.Au début du jeu, Raz ne maîtrise que deux pouvoirs : une attaque de base, consistant en une projection astrale de sa propre main, agrandie 20 fois environ (une sacrée baffe donc), et un double saut, qu'il apprendra à exploiter avec ses capacités physiques en tant qu'artiste de cirque, dans le premier monde mental rencontré, celui du coach Oléander, consistant en un entraînement de base, et se déroulant dans un vaste champ de bataille. D'autres pouvoirs psychiques lui seront acquis à travers des badges, obtenus au cours du jeu par apprentissage, découverte ou en collectant des Orbes psychiques dans le monde réel. J'apprécie particulièrement la pyrokinésie...
D'autres choses sont d'ailleurs à collecter : des pointes de flèches en Psytanium, consistant en la monnaie du jeu, des cartes permettant de compléter des orbes psychiques, et les objets d'une chasse au trésor. Dans les mondes mentaux, il faut collecter les bribes d'imagination, les Etiquettes à associer à leur bagage émotionnel, les toiles mentales, et ouvrir les coffres-forts des souvenirs les plus enfouis. Beaucoup de choses à ramasser...

    Heureusement, la maniabilité est très correcte. Le seul problème que j'aie rencontré est au niveau des pouvoirs. La majorité s'utilise par les boutons L2, R1 et R2, et malgré l'indication en bas à droite, j'ai toujours eu du mal à repérer si j'appuyais sur le bon bouton...
    Pour les combats, il suffit de taper, mais pas toujours. Des ennemis doivent être abattus à distance, d'autres à un certain moment seulement, et les boss demandent pas mal de réflexion. Ceux-ci, ainsi que les moyens de les vaincre, sont d'ailleurs très originaux.

    Je voulais au début m'étendre peu sur les musiques : elles sont audibles et accompagnent bien les zones de jeu, mais sans plus. Après m'être fait botter les fesses sur ce point, j'ai écouté plus attentivement, ce qui change ma conclusion : Non seulement elles collent parfaitement à leurs tableaux respectifs, mais elles sont aussi très sympa à écouter en elles-mêmes. La musique de l'écran titre me fait même penser à du Danny Elfman... Aucun thème inoubliable, mais une qualité suffisamment appréciable.

    Les graphismes, par contre, sont particuliers. Peut-être trop pour certains... Les persos sont quelquefois un croisement des créations de Tim Burton et de Picasso, et les décors sont tordus de partout. Un univers très cartoon, donc. Mais le mieux est l'univers des mondes mentaux. En plus de toutes les qualités graphiques, ils collent aussi à la personnalité de l'hôte, et surtout, ils sont assez délicieusement incohérents, comme dans un rêve. Dans le premier monde, en l'espace d'une porte, on passe d'un champ de bataille terrestre au cockpit d'un avion en train de s'écraser... Et en se retournant, il n'y a aucune porte. Mais d'où venez-vous donc ? Sans parler de certains défis à toutes les lois de la gravité... Plusieurs mondes frisent le génie, comme l'un où on se retrouve à jouer les Godzilla, ou celui d'un paranoïaque ou tout le monde, du cantonnier à la simple ménagère, sont des agents secrets, où des espions se dissimulent dans les boîtes aux lettres, et où les petites filles scouts font partie d'un complot généralisé... L'animation des agents secrets dans ce monde est d'ailleurs assez hilarante.
   
Mais la palme revient aux dialogues. Outre un scénario parfaitement ficelé, où la mission principale n'arrive pas tout de suite, mais sans qu'on ait l'impression de traîner, son interprétation est magnifique : les textes sont très drôles, limite cultes, et les voix sont particulièrement bien choisies et jouées, le plus drôle étant les petites phrases quand vous frappez, brûlez ou soulevez quelqu'un... Normal, quand on sait ce qu'a fait Tim Schafer avant : les dialogues des Monkey Island, et la réalisation de Day of the Tentacle, Full Throttle, et Grim Fandango. Rien que ça. Et on y rajoute une traduction en français impeccable, dans les dialogues (avec des voix perfaitement choisies) ou dans les textes intégrés au jeu : tout a été retravaillé.

    Psychonauts se révèle un excellent jeu d'aventure-action, où on sent que tous, du scénariste aux doubleurs, ont pris un grand plaisir à faire ce jeu. Je regrette juste une maniabilité pas assez intuitive, et de ne pas pouvoir entrer dans le cerveau des autres enfants (peut-être dans une très hypothétique suite...). Dommage qu'il n'ait pas eu de succès autant qu'un GTA, car il le mérite... Que demander de plus que toutes ses qualités ? Un temps de jeu correct ? Ben justement, il a une durée de vie d'une quinzaine d'heures : Pas le mieux, mais très raisonnable quand on voit ce que certains jeux proposent. Vous devriez donc déjà être en train de l'acheter (et d'enlever des enfants)...

+ : L'originalité, tant dans l'idée de base que dans l'ensemble du jeu
    Les textes
    La réalisation
    Euh... Tout, quoi...

- : Une maniabilité qui peut être un peu difficile à saisir
    Une durée de vie encore un poil trop courte, on en redemande...
Par Tryskel - Publié dans : Jeux vidéo
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Lundi 23 juillet 2007
Il y a trèèès longtemps, j'avais commencé une petite série sur le secourisme, avec les organismes d'enseignement. Puis, j'avais dit que j'allais enchaîner sur le premier geste à faire : protéger la victime. Je vais prendre comme situation une victime allongée et encore consciente : si la victime est inconsciente, la situation peut différer.


Première chose à faire : observer la situation. Il ne faut pas se jeter sur une victime sans voir pourquoi elle a eu un accident (si elle tient un appareil électrique par exemple...). Il faut ensuite supprimer ce danger potentiel : si elle a été intoxiquée par un gaz, il faut aérer et couper l'alimentation. Si elle a été électrocutée, il faut couper l'alimentation générale. Si elle a été percutée par une voiture et est au milieu de la route, il faut bloquer la circulation, ou au moins la réguler. La priorité en écartant le danger est de se protéger soi-même : inutile de jouer les héros si c'est pour être une victime à son tour... Ensuite, il faut protéger la victime, puis les personnes qui l'entourent. Le but de tout cela est d'éviter le sur-accident : un autre accident se rajoutant au premier, multipliant les victimes et/ou aggravant l'état de la première.


Il ne faut déplacer la victime, dans un "dégagement d'urgence", qu'en dernier recours, lorsque le danger est immédiat, réel, vital et surtout non contrôlable : un incendie par exemple. Dégager une victime peut aggraver un traumatisme, mais sa vie reste prioritaire. On saisit la victime par les chevilles si le terrain est plat (ça limite les risques d'aggravation d'éventuelles blessures sur le haut du corps, plus graves qu'aux jambes... Bon, évidemment, si elle n'a qu'une jambe cassée, c'est à éviter), ou par les poignets s'il est accidenté, comme dans un escalier (sinon, bobo la tête...). Attention, une victime qui ne peut se déplacer pèse très lourd : elle n'est pas en état de vous aider avec ses propres forces, donc c'est comme si vous traîniez un sac de 60 ou 80 kg...


Une fois tout danger écarté, on peut s'occuper de la victime. Il faut déjà appeler à l'aide (si ce n'est pas déjà fait, pour un balisage par exemple...) : n'ayez pas honte, la vie d'une personne est peut-être en jeu, et des gens plus qualifiés ou même de l'assistance qui n'auraient pas vu la situation peuvent être ainsi interpellés.


Ceci fait, on peut s'approcher de la victime pour lui parler, afin de voir son état, ce qui amènera différents gestes selon l'accident. Deux choses restent importantes : Couvrir la victime, quel que soit son état : une victime a toujours froid. Il faut ensuite dialoguer constamment : pas le plus facile quand on manque d'imagination, mais cela permet de lui éviter de sombrer dans l'inconscience, ou au pire de voir quand elle devient inconsciente.


Une fois que l'on connaît l'état de la victime, on peut passer à l'étape suivante, l'appel. Ce sera l'objet d'un prochain article, plus court ce coup-ci...

Par Tryskel - Publié dans : Secourisme
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Samedi 30 juin 2007
     Hum... Désolé, mais avec toute la poussière accumulée... Ca fait plus d'un an que je ne me sers de ce blog que comme espace de stockage pour mes fichiers... Serait temps de m'en occuper un peu.
     J'avais lancé ce blog comme le font tant d'autres : pour parler. En aucune manière pour présenter ma vie (bien que je l'aie fait plusieurs fois, j'ai cédé à la tentation...), mais pour présenter et donner mon avis sur des choses que j'ai pu croiser. Seulement voilà : je suis une grosse flemmasse. Je préfère m'avachir devant un jeu plutôt que de me bouger. J4ai déjà du mal avec le boulot, alors un blog, vous imaginez... Je vais donc essayer de me réveiller, et sculpter un peu mieux ce blog... En terminant déjà certains trucs que j'ai commencé dessus.
Par Tryskel - Publié dans : Général
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Lundi 15 mai 2006
J'avais tenté l'inscription à l'IUP Métiers du Livre de Grenoble, pour laquelle ils demandaient une lettre de motivation de 2 pages mini, et une dissert' de trois pages maxi (j'aurais préféré l'inverse...). Mais bon, v'là t-y pas que je suis admissible... Je vous mets donc, en intégralité, la dissert' qui a fait mon succès... (Et voilà, un post interminable à peu de frais ^^)

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Internet peut-il replacer les librairies, maisons d'édition, bibliothèques et centres de documentation ?


Depuis quinze ans, le domaine de l'information est en pleine révolution technologique, faisant entrer le monde dans "l'ère de l'information". Alors que les besoins en information ont fortement augmenté, son vecteur principal et traditionnel, le support imprimé (livres, journaux, magazines ou périodiques), régresse face aux autres médias, qui prennent de plus en plus de place dans la vie : radio, télévision, et informatique.

Ce dernier est particulier : il peut réunir image, vidéo, son et texte en un seul appareil. Celui-ci, de moins en moins onéreux, s'installe dans quasiment tous les foyers. La démocratisation dès 1992 du grand réseau international de communication entre ordinateurs et successeur du Minitel, Internet, permit la transmission d'informations et de médias de toutes sortes, de plus en plus volumineux, de plus en plus rapidement, avec de plus en plus de sécurité. Cela concerne aussi le livre : de nombreux ouvrages sont déjà disponibles sur Internet, sous forme numérique. Plusieurs logiciels et périphériques de lecture, comme, respectivement, Adobe Reader et l'e-book, permettent de les consulter.

Le livre sur Internet, alors discret en France, revint brièvement au devant de la scène au troisième trimestre 2005, avec l'ouverture du projet Google Print, étendant les fonctionnalités du moteur de recherche Google1 aux ouvrages imprimés, via la numérisation.

Il est donc indéniable que le livre et l'information en général sont sur Internet. Mais ce vecteur virtuel est-il capable de remplacer les structures réelles existantes, à savoir les librairies, les maisons d'édition, les bibliothèques et les centres de documentation ? Nous allons tenter d'y répondre en voyant tout d'abord les avantages d'Internet par rapport aux structures traditionnelles, puis ses inconvénients.

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Pour les éditeurs, Internet permet de se passer des imprimeurs. Par exemple, les éditions Le Manuscrit2 ne vendent leurs livres que sur Internet, et ne les impriment qu'à la demande.

Un point particulier concerne les revues scientifiques : celles-ci, touchant un public restreint, sont coûteuses à éditer : Internet permet de les diffuser à moindre frais. La numérisation de ces revues a déjà débuté : pour 15% de revues françaises numérisées en 2003, l'estimation est de 60% en 2008. Est en projet la revue Annales historiques de la Révolution Française par exemple. Le site www.revues.org est un bon exemple du mouvement.

Pour les auteurs, Internet représente un outil formidable. Plutôt que d'attendre de voir leur manuscrit accepté, ils peuvent diffuser librement certains de leurs textes pour se faire connaître, sans avoir besoin de l'intermédiaire de l'imprimé. Internet leur permet aussi de diffuser librement et gratuitement des oeuvres écrites, qu'ils veulent partager, mais sans désir d'être édités : c'est la démarche de l'auteur de textes d'heroïc fantasy humoristiques Asp Explorer3, ou d'Yves Heurté4 dans la fin des années 1990. Le mouvement touche aussi le domaine de la bande dessinée : les "blogs B.D." fleurissent depuis peu, avec des auteurs reconnus comme Boulet ou Lewis Trondheim5, ou des dessinateurs encore méconnus comme JN ou Din6. Le moyen fonctionne : les auteurs racontent avec art et convivialité ce qu'ils désirent, sans contrainte éditoriale, leur permettant en même temps de se faire connaître par un média plus libre que l'imprimé. Le forum "La Brouette"7 fédère en quelque sorte ce moyen d'expression numérique.

On peut voir, à travers chapitre.com ou lalibrairie.com, l'essor des librairies en ligne : Internet devient donc un outil permettant de supprimer la contrainte de l'immobilier pour le libraire, celles du déplacement et de l'attente en boutique pour le client. L'autre avantage par rapport à librairie traditionnelle est qu'Internet est sans frontières : par conséquent, un libraire en ligne peut toucher une clientèle bien plus large. Mais Internet peut aussi permettre aux éditeurs de se passer des librairies : un particulier pourrait commander directement sur le site de la maison d'édition.

Avec le livre numérique, les libraires peuvent être remplacés par les agrégateurs, comme Numilog ou Netlibrary8, fournisseurs de ce média. Les livres numériques permettent en outre une facilité et une rapidité d'accès et d'obtention, contrairement aux livres fournis par les librairies : le seul temps d'attente est celui du téléchargement. De plus, pour un ouvrage étranger, l'agrégateur et l'acheteur y voient des avantages fiscaux : Internet est une zone franche, alors que le prix d'un ouvrage classique aurait compris les droits de douane.

Bien que moins répandues en Europe qu'aux Etats-Unis par exemple, les bibliothèques numériques s'implantent peu à peu sur les réseaux francophones, après l'expérience pionnière en Europe de la British Library9. Dans cette optique, se construit actuellement un projet de Bibliothèque Numérique Européenne, ayant pour but la constitution d'un vaste fonds numérique européen. Les logiciels Adobe et Mobipocket permettent de contrôler l'accès à un ouvrage numérique et sa durée de consultation, et différents moyens d'accès aux documents sont possibles, du simple serveur statique au moteur de recherche local. De plus, la consultation est possible à distance. Le catalogue, avant simple "carte" de la bibliothèque, peut, à travers le format MARC, être couplé à un moteur de recherche et permettre d'accéder directement à l'ouvrage. Enfin, la numérisation des ouvrages fait qu'il n'y a pas les problèmes d'indisponibilité que l'on peut rencontrer en bibliothèque : un livre numérique sur un serveur Internet possède un nombre d'exemplaires illimité.

L'accès au livre ne se fait pas qu'en bibliothèque numérique : des sites Internet peuvent aussi abriter des textes intégraux d'oeuvres libres de droits, ainsi que des liens vers d'autres sites similaires, fonctionnant comme une gigantesque cyberbibliothèque, bien que destructurée. Le site www.zazieweb.fr propose une sélection de sites sur l'Internet littéraire francophone, dans sa rubrique "au fil du web".

Internet est conçu comme une énorme base de données, bien plus vaste qu'un centre de documentation. Ceux-ci peuvent utiliser, tout comme les bibliothèques, cet outil. Ainsi, en plus d'un fonctionnement similaire aux bibliothèques numériques, il permet de démocratiser la consultation d'ouvrages anciens et fragiles, jusque là réservée à une part restreinte de la population, parfois avec de grandes précautions, et permettant du même coup la préservation des collections : c'est la démarche de Gallica10, bibliothèque numérique en ligne de la Bibliothèque Nationale de France depuis 1997, regroupant plus de 70 000 ouvrages souvent anciens.

Mais Internet, en tant qu'espace propre, se passe des interfaces des centres de documentation pour diffuser les informations recherchées : pléthore de sites personnels peuvent aussi les fournir, en toute liberté. Dans l'impersonnel, il y a surtout Wikipedia11, ayant pour vocation de créer une vaste encyclopédie, grâce aux contributions bénévoles des internautes eux-mêmes.

Un internaute recherchant une information passe obligatoirement par un moteur de recherche. Certains sont spécialisés, comme Scirus, celui de l'UREC ou Spinoo12, mais même les professionnels se dirigent d'abord vers les moteurs généraux, comme AltaVista, Lycos ou Google13. Ils ont permis de démocratiser la recherche dans une base de données, avant affaire de spécialistes. Le moteur de recherche fournit un index des informations trouvées, indiquant le site et l'extrait d'où a été trouvé le terme. Il permet, pour affiner les recherches, les opérations booléennes, et les limitations des recherches dans différentes zones du document, ou dans l'origine géographique. Enfin et surtout, il classe les informations trouvées par ordre de pertinence.

Des répertoires sont aussi présents sur Internet, comme WWW Virtual Library, le "guide web" de Yahoo, ou ODP14, répertoriant plusieurs sites sur un thème donné : ils peuvent être très utiles pour rechercher un sujet général.

Internet a donc de sérieux atouts pour remplacer ces structures traditionnelles. Mais ce nouvel outil a aussi ses défauts.

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Un inconvénient non négligeable pour les milieux de l'édition, des librairies et des bibliothèques, est la dématérialisation du livre. Le lecteur, à travers un écran, n'aura pas le même plaisir de lire que sur le papier : il lui manquera la manipulation de l'objet-livre. L'e-book, ou livre électronique, semble pallier à cela, mais les bibliophiles, tout comme les anciennes générations, ne se dirigeront pas vers lui. Ce manque de plaisir a aussi des causes physiologiques : le lecteur ressent une plus grande fatigue oculaire sur un écran que sur un livre.

De plus, les anciennes générations ne se dirigeront pas vers Internet et un ouvrage numérique : elles préféreront se déplacer vers une structure traditionnelle plutôt que d'utiliser un outil mal maîtrisé, ou non propice au téléchargement (le bas débit peut être un frein notable), voire absent de leur foyer : Internet n'est donc pas présent partout, que ce soit nationalement ou internationalement, et un client potentiel n'aurait aucun intérêt à s'abonner à Internet seulement pour obtenir des livres. Ce réflexe est d'ailleurs toujours présent chez les jeunes générations en France. Cela permet d'expliquer que les ouvrages numérisés soient encore peu nombreux : il n'y a pas encore de forte demande attirant les éditeurs vers cet intermédiaire.

Même pour les structures en ligne, Internet présente des inconvénients : le commerce est deshumanisé, rendant impossible un contact humain souvent apprécié par la clientèle, et les paiements par Internet n'ont pas toujours leur confiance du fait du piratage possible malgré les précautions et d'autres moyens de paiement similaires à la vente par correspondance.

Si Internet leur permet de réduire leurs frais immobiliers, ces structures doivent investir dans les nouvelles technologies, à travers des ordinateurs, des serveurs, des frais d'électricité, des logiciels de protection et de gestion, des noms de domaine, mais aussi des formations.

L'outil informatique peut aussi subir des pannes, pouvant entraîner des problèmes allant de l'impossibilité d'accès à des pertes partielles ou totales de données. Ces désagréments nécessitent donc des sauvegardes des collections numériques, mais la réparation peut prendre un certain temps où le client potentiel ne peut accéder à l'interface de prêt ou de vente.

Le livre numérique est destiné à une diffusion très large. De fait, cela peut poser des problèmes juridiques. Les oeuvres libres de droits ne sont pas concernées, mais, selon le mode de diffusion, les droits d'auteur peuvent être touchés. La réaction des auteurs et éditeurs au projet Google Print en est un bon exemple.

Tout comme les autres médias, le livre numérique peut être soumis au piratage. Il sera beaucoup plus facile que pour un ouvrage papier, car le pirate n'aura pas à effectuer la fastidieuse opération de la copie, par frappe ou scannage. Ce piratage, en plus d'enfreindre les droits d'auteur, représente évidemment une perte financière pour les ayants-droit et les intermédiaires.

L'authenticité des documents, qui peuvent avoir été modifiés, par mégarde ou sciemment, pose aussi problème : numérisation de plusieurs éditions pour un seul ouvrage, ou modification du texte sans accord. L'information sur Internet est, même sur les ouvrages numériques, très malléable, la preuve physique de la propriété intellectuelle (l'imprimé) étant supprimée.

Il est, au final, difficile de faire respecter le droit d'auteur sans que cela soit aux dépens de la protection de la vie privée : la tentation en est grande, car l'utilisateur laisse une trace partout. Le droit d'auteur sur Internet est encore flou, ce qui fait sa complexité.

Au niveau de la documentation, les outils cités précédemments ont aussi de grands inconvénients. Concernant les moteurs de recherche, citons comme exemple la recherche de "Méditerranée antique", sur les sites francophones, par Google. Nous avons comme premiers résultats, en Avril 2006, une carte donnant accès à un site commercial de cartographie (les liens commerciaux étant souvent mis en avant), le site de Paris IV Sorbonne, un site personnel et un site de vente en ligne, parmi 11 700 résultats. Bien que l'on arrive souvent à avoir l'information recherchée, le chercheur doit faire face à une masse considérable de bruit à cause de l'absence d'indexation humaine, rendant quelquefois la recherche d'informations impossible. De plus, le moteur de recherche ne couvre qu'une petite fraction du Web dit visible (moins de 20%), totalisant 14 à 25 milliards de pages. La partie immergée de l'iceberg Web, dite invisible, en compte 500 à 2 000 fois plus, selon une étude menée en 2000. Le moteur de recherche ne peut accéder à ces pages, par exemple parce qu'il faut un droit d'accès. Ainsi, un moteur de recherche ne pourra accéder à des archives de presse, payantes. Les absences de mises à jour partielles font que certains liens, trouvés par le moteur de recherche, mènent vers des pages déplacées ou supprimées. Pour les répertoires, leur défaut est qu'ils sont très généraux : les informations scientifiques sont minoritaires, et demandent une certaine pratique pour les repérer facilement. Concernant les sites personnels, leur grand défaut (et le plus grand défaut de Wikipedia) est l'absence de validité scientifique. À travers la liberté d'Internet, n'importe qui peut y insérer ou y modifier n'importe quelle information, sans aucun contrôle par une autorité, rendant donc ces informations peu dignes de confiance.

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Internet permet donc de faciliter l'accès à l'écrit, à moindre coût, et les différents outils de recherche sont loin d'être négligeables. Mais, à travers l'informatique, il y a moins de plaisir de lecture, les informations sont bien moins sûres, et les droits moins respectés. Internet n'est donc pas encore capable actuellement de remplacer ces structures traditionnelles, même si cela serait possible pour certaines. Ce serait donc envisageable dans le futur, mais, tout comme la télévision, la presse ou la radio qui n'ont pas été remplacées par Internet, alors qu'il en a la capacité, il est fort probable qu'Internet et les structures traditionnelles deviennent complémentaires, à défaut de rester parallèles. Elles se doivent donc de s'adapter à cet outil, voire de contribuer à son amélioration en y garantissant les droits des auteurs et la fiabilité des informations.

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Bibliographie


Ouvrages généraux :

-Association des bibliothécaires français, Le Métier de Bibliothécaire, Paris : éd. du Cercle de la Librairie, 2004, 454 p.


Ouvrages spécialisés :

-JACQUESSON Alain, RIVIER Alexis, Bibliothèques et documents numériques : concepts, composantes, techniques et enjeux, Paris : éd. du Cercle de la Libraire, coll. Bibliothèques, 2005. 573 p.

-LEBERT Marie-France, De l'Imprimé à Internet, Paris, éd. 00h00, 1999, 298 p.

-BROGLIE Gabriel de (dir.), Le droit d'auteur et l'Internet : rapport du groupe de travail de l'Académie des sciences morales et politiques, Juillet 2000 (consulté le 28 Avril 2006)

http://www.culture.gouv.fr/culture/cspla/rapportbroglie.pdf


Périodiques :

-L'Europe vote non à Google, Livres de France, Juin 2005, n° 285, p. 30-33

-Le coup de force de Google, Livres de France, Septembre 2005, n° 287, p. 14-15

1http://www.google.com

2http://www.manuscrit.com

3http://mapage.noos.fr/aspexpl/sous.htm

4http://yves.heurte.free.fr/

5http://bouletcorp.com/blog, et http://www.lewistrondheim.com/blog/

6http://carnetsjn.free.fr/, et http://din.d.flowright.free.fr/blognote/

7http://edtech.free.fr

8http://www.numilog.com/ et http://www.netlibrary.com/

9http://www.bl.uk/

10http://gallica.bnf.fr/

11http://www.wikipedia.org/

12http://www.scirus.com, http://www.urec.fr/av, et http://www.cndp.fr/spinoo/histgeo/

13http://www.altavista.com/, http://www.lycos.com, et http://www.google.com

14http://vlib.org/, http://fr.dir.yahoo.com/home/, et http://dmoz.org/

Par Tryskel - Publié dans : Journal privé
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